LIBRE SALMIGONDIS
Publié par le blogue à Jack ©2005, 06 |
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par Jacky boy | le 2007-08-14 11:06:51 | PERMALIEN
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LA VALSE LUMIÈRE
Valse lumière,
grande échevelée,
le quai n'est pas encore rangé!
Il va geler sur le lac
et il fera noir...
C'est pour se rappeler
un jour encore
et dire merci
à l'été,
à ses fruits
aux poissons,
aux plongeons
à ses passions
même celles
qui nous ont gâtés
pourris
Valse lumière
à quatre temps
qui n'hésite pas
à tout bouleverser...
Photo jd, lac Pearsley, aut. 2005
par Jacky boy | le 2006-10-07 21:11:17 | PERMALIEN
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GRATUIT?
(Photo jd, petit bout de la murale des Patriotes, station Papineau)
Le serveur s'est converti! Le bar est ouvert!
Un vers de plus! C'est gratos! Une gerbe de powèmes!
Alors on continue de tout bord tout côté?
On continue dans ses vieilles mitaines
le pouce à l'air libre
Salmigondis?
par Jacky boy | le 2006-10-01 20:01:57 | PERMALIEN
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SAUTER DANS LE TRAIN DE NUIT
Noticias
Je confirme que la publication de nouveaux textes dans Libre salmigondis s'arrête ici.
Pour faire suite ailleurs, autrement,
il faut sauter dans le
TRAIN DE NUIT
C'est noté?
par Jacky boy | le 2006-09-06 21:06:14 | PERMALIEN
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MONBLOGUE, COMMUNICATEUR DE L'ANNÉE.
Ça y est! Sans avertissement autre qu'un délai supposé être en octobre prochain(?), la pub (j'pas capable!) est rentrée aujourd'hui!..
Cela signifie que mon compte «pro» est à renouveler? No way!
Après tant d'autres blogueurs, certains avaient d'excellents carnets sur Monblogue, je déménagerai à mon tour sous d'autres cieux. J'ai un projet de Chienne à Jacques en cours d'élaboration...
En attendant, on peut toujours prendre le Train de nuit à l'adresse suivante :
Merci beaucoup aux anciens et aux nouveaux. Ce fut une année de plaisir à échanger.
On se reparlera, c'est officiel.
Arividerchi!
par Jacky boy | le 2006-08-22 20:36:52 | PERMALIEN
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DE L'EAU DANS LE GAZ DE LA BOLIVIE
Libre salmigondis voudrait d'abord être un lieu de poésie. Comme l'a déjà dit Richard Desjardins dans une conférence à Montréal vers 1991, le poète souhaiterait bien se concentrer sur sa job : rêver le monde, parler d'amour. Mais il y a de partout des cieux menaçants, de l'indignation, des commandes de légitime défense, des urgences qui bousillent l'art. Félix Leclerc, l'Allouette en colère, avait compris cela lui aussi à la fin de sa carrière.
Parlant de nécessités, au Québec très peu de personnes, hélas, parlent de nos voisins, de nos frères «américains» au sens continental du terme. Il me fait donc doublement plaisir d'accueillir en ces pages des textes de Jean-Paul Dammagio, instituteur français, ami du Québec, mon ami, voyageur des Amériques et militant politique.
***

Ce paysan acharné, décidé et infatigable, fit la Une des gazettes du monde début décembre 2005. Il était devenu président de la République en sachant que l’heure du repos n’avait pas sonné, d’autant qu’il avait l’intention de réaliser son programme en trois points : une nouvelle assemblée constituante, une nationalisation du gaz et une réforme agraire (dans cet ordre car toute action a besoin d’ordre). L’Assemblée est en place depuis le 6 août, la réforme agraire suit son cours, mais la nationalisation des hydrocarbures… Par un texte très bref, j’avais, le premier mai 2006, annoncé la décision de nationaliser, mais de la décision à la réalisation …
« Avec le pétrole en arrière-fond, comme grand protagoniste de la division internationale du travail, du monde du capital qui est celui qui détermine d’ailleurs cette crise, nos souffrances, nos immaturités, nos faiblesses, et en même temps les conditions d’assujetissement de notre bourgeoisie, de notre néo-capitalisme présomptueux ». C’est Pasolini parlant de la toile de fond de son dernier roman … Pétrole. Déjà, en 1974 !
En nationalisant, Evo Morales et son gouvernement n’avait pas la sensation d’aller à l’aventure, d’abord parce que c’est la troisième nationalisation dans le pays, qu’il y avait déjà une petite entreprise publique à disposition, YPFB, que la privatisation précédente avait laissé 49% des actions à l’Etat bolivien (sans en lui laisser la gestion) et que les amis de la PDVSA vénézuélienne étaient aussitôt accourus en renfort. D’ailleurs, Hugo Chavez en personne fit le voyage à Ciudad del Este pour arrondir les angles avec Lula et Kirchner. Quels angles ?
La nationalisation touchait surtout l’entreprise nationale brésilienne Petrobras et l’entreprise argentino-espagnole Repsol (à un petit degré Total, qui se pliera aux décisions de Petrobras). Le lecteur naïf peut penser qu’entre latinos tout allait couler de source, d’autant que la Bolivie souhaitait seulement accéder à 51% du capital des entreprises, et augmenter le gaz à un tarif plus correct que le pillage organisé depuis des années. Or, c’est de l’eau qui coule dans le gaz : Petrobras ne veut rien entendre ! L’entreprise l’a annoncé dès le départ et confirme depuis : cette nationalisation est inacceptable ! Aujourd’hui, 18 août, les négociations sont rompues, et côté brésilien, le gouverneur de Mato Grosso craint des coupures en représailles.
La tension monte à La Paz où, qui plus est, les enseignants entame une grève dure pour demander des augmentations de salaire. Andrès Solis le courageux ministre des hydrocarbures va-t-il être censuré et obligé de démissionner par le Sénat ? L’acharné et infatigable Evo, depuis qu’il a mis un pied dans la lutte, n’a cessé de surprendre autour de lui. Dix fois, il a été considéré mort, dix fois il est revenu au premier plan, jusqu’à cette élection historique avec 55% des voix dès le premier tour. En recoupant les résultats de juillet de tous les instituts de sondages, il est sans contexte possible le président le plus aimé de toutes les Amériques (loin devant Bush bien sûr). Il a trouvé l’instrument de la contre-attaque hors des Amériques … en Norvège !
C’est sûr que les Brésiliens l’emporte pour le moment; ils retardent la nationalisation, interviennent comme chez eux dans les affaires intérieures du pays (mieux que ne pourrait le faire les USA) et réussissent même à passer pour des martyrs ! Petrobras a beaucoup investi en Bolivie, c’est vrai, mais sans retour en termes de bénéfices ? À qui peuvent-ils le faire croire quand tous les pays producteurs d’hydrocarbures ne savent plus combien de millions de dollars leur tombent sur la tête ? La Norvège est le troisième plus grand bénéficiaire de la montée du prix du baril, après l’Arabie Saoudite et la Russie et le gouvernement sait très exactement le chiffre des bénéfices de ses deux entreprises nationales Statoil et Norsk Hydro.
Erik Solheim le ministre norvégien en charge du dossier est actuellement en Bolivie pour fixer la forme de l’aide à apporter, une aide qui n’est pas que technique. Ce pays a mis en place une structure pour aider les petits pays qui veulent contrôler la corruption, et calculer les taxes pétrolières (la négociation avec Petrobras semble achopper sur les chiffres quand on compare le montant des bénéfices affiché l’an dernier et l’étrange baisse de cette année). Elle travaille déjà dans 16 pays d’Afrique et d’Asie et va pour la première fois mettre les pieds en Amérique latine. Son intervention est devenue urgente car contrairement à ce qu’espérait Morales, Petrobras a mis en œuvre un énorme plan de déstabilisation. Si Hugo Chavez se montre généreux en fourniture d’asphalte (1600 tonnes pour être précis), PDVSA, son entreprise pétrolière, a tendance à se faire oublier. Pour ne pas faire de l’ombre à l’ami Lula en instance de réélection ?
Quel plan de déstabilisation ? Les investissements de capitaux internationaux tombent de 600 à 100 millions de dollars or, dans le type de nationalisation choisi, les capitaux privés étaient toujours inclus comme partenaires (avec Repsol l’accord est en bonne voie !). Les petites entreprises sous-traitantes boliviennes qui travaillent donc avec Petrobras, sont invitées, par cette entreprise, à chercher du travail ailleurs. Or Evo, plus acharné que jamais, a démontré, preuve à l’appui, que Petrobras se propose de financer une campagne de presse pendant 75 jours à la gloire des transnationales (75 jours c’est le délai qu’il reste aux entreprises pour conclure les négociations ou partir de Bolivie). Alors, bouquet final, l’entreprise brésilienne dénonce la corruption qui domine dans l’entreprise bolivienne (quand on sait les scandales de corruption qui ont été révélés au Brésil et qui doivent, comme partout, être la partie visible de l’iceberg !).
L’iceberg, les Norvégiens connaissent, mais, quand le Wall Street Journal rend compte des problèmes boliviens, avec une certaine courtoisie, le quotidien prend soin d’oublier les capacités nordiques (peu connues en Europe aussi, il est vrai). Pour mieux laisser entendre que la nationalisation à La Paz c’est fini ? Mais Evo continue sur le fil du rasoir, entre ceux qui veulent garder la privatisation, et ceux qui veulent une nationalisation plus radicale. Sa peau d’Indien en a vu d’autres et les neiges de l’Altiplano risquent de plaire aux Norvégiens…
Jean-Paul Damaggio
Sources : Bolpress, La Razon, Econoticias, El Tiempo, Wall Street Journal.
par Jacky boy | le 2006-08-19 20:28:36 | PERMALIEN
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LE GOUFFRE DU DESSOUS
Nos associations libres n'expliquent parfois ni les rêves, ni les réalités de l'esprit que l'on voudrait croquer d'un trait rapide. L'autre jour (cf. mon entrée du 13 août), la première station de mon Chemin sans croix blablatait contre «les écrivains qui marchent sur la tête». Je pensais ici au vieux barbu griffant son maître Hegel : les idéalistes (au sens philosophique) marchent sur la tête, il faut remettre la pensée en marche... Je visais l'égoïsme narcissique aussi répandu que la pluie dans les lettres, les scripts, les carnets, les blogues...
Or suivant l'expérience ultime et insondable du XXe siècle, une lecture récente me suggère une toute autre interprétation de la posture.
En effet, dans Paroxysmes - La parole hyperbolique (VLB, 2006), Michaël La Chance cite d'abord des passages dits célèbres (je ne les connaissais pas) de Paul Celan qui renverse, contraire à l'aiguille de nos mondes, le plancher des vaches commun. Celan écrit : «Il lui était désagréable, parfois, de ne pas pouvoir marcher sur la tête.» et «Qui marche sur la tête a, en vérité, le ciel pour abîme au-dessous de soi.» (p. 16).
Michaël ajoute : «Parce que l'enfer est sous la terre, et que le brasier est sous nos pieds : à la surface de la terre affleure la cendre.» (idem).
Penser aux toiles rugissantes, effrayantes de Kiefer (l'avez-vous vu à Montréal l'an dernier?) peut aider à comprendre de quel «orage d'acier» il s'agit, orage aux manuscrits plombés, aux oiseaux de guerre que nous recevons sur le dessous de nos pieds, par le haut des yeux...
La Chance : «... nous avons un désir et une quête du vivant, quand notre quête même le fait jaillir, le fait apparaître hors de son élément.» (p. 17). Ce qui renvoie à l'abolition, au sentiment de la mort, à la poésie des abysses.
Nous sommes loins des petits secrets mystérieux et croustillants des pèlerins de la compote littéraire! Loin aussi des autruches mortifiaires.
Anselm Kiefer, Et la terre tremble encore (1982)
par Jacky boy | le 2006-08-19 10:46:21 | PERMALIEN
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APRÈS-MIDI FLEUR-À- FLEUR
- Chère, une tasse de thym citronné?
- (Voix très claire) Oh! Oui! Ce n'est pas de refus...
Je le prends le petit doigt en l'air.
(Photo jd, jardin, Béthanie, 17/08/06)
par Jacky boy | le 2006-08-18 13:35:25 | PERMALIEN
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À LA BARRE DU JOUR
L'autre matin, le soleil rentrait par la fenêtre et la brume sortait par derrière comme une barre.
(Photos jd, Béthanie, 17/08/06)
par Jacky boy | le 2006-08-18 09:25:29 | PERMALIEN
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POÉVISION OU «LA PAIX AU MOYEN-ORIENT»
«Je m'ouvre une autre bière
en pensant
Le sink a besoin d'être nettoyé.
La vaisselle est sale.
Il y a une femme couchée dans
mon lit.
Tandis que je finis ma bière
elle prie pour la paix
au Moyen-Orient.»
- Patrice Desbiens in La vérité se passe un doigt (Steak haché anthologique), Édition Trois-Pistoles, 2000, p. 119.
par Jacky boy | le 2006-08-16 09:17:22 | PERMALIEN
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BONNE FÊTE ACADIE!
Ce que j'aime le plus de l'Acadie? La voix, l'imagination et les épaules de Marie-Jo Thério. Et les racines qui ont pris loin, là-bas, en la belle Louisiane. Aussi au Québec : Chiasson, Vigneault, Leblanc... Le coeur increvable de ce joyeux peuple-là...
(Photos jd, Cap Pelé, N.B.)
par Jacky boy | le 2006-08-15 19:04:37 | PERMALIEN
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LE PASSÉ EN GÉNÉRAL
«Le passé en général, c'est, en premier lieu, la langue. C'est-à-dire le système phonétique, lexical, grammatical, comme potentialité non consumable, potentialité éternelle en tant qu'elle n'est jamais épuisée ou affaiblie par l'ensemble de ses réalisations.»
- Paolo Virno, Le souvenir du présent (1999).
par Jacky boy | le 2006-08-14 23:09:34 | PERMALIEN
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FICTION BOTTES AUX PIEDS
(Photo jd, Riv. Noire, 13/08/06)
Je marche jusqu'à la rivière
été, hiver, je marche
Je marche détrempé, détrôné, détapissé
s'il le faut...
Je marche pour me défatiquer, me défeuiller, me déficeler,me dégoudronner, me défouler
Je marche pour me débrancher
me délasser, me désentortiller, me décontracter,
me désabonner, pour défaire le déconcrissé
Je marche pour me défricher
me défiger, me dépaqueter, me démêler, me déchiffrer...
Je marche pour me déplisser
aller-retour
Je marche jusqu'à la rivière
avec le chien sur les cailloux
Puis je reviens,
mine de rien, mine de tout.
Telle est ma démarche.
par Jacky boy | le 2006-08-14 12:27:43 | PERMALIEN
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LE CHEMIN SANS CROIX
(Photo j.d., chemin qui longe la Riv. Noire, 13-08-06)
Je suis allé par les routes de ma campagne natale. J'y ai vu du bleu et des roches. Il faut bien naître en quelque part, puis gambader autant qu'on veut. Ne me parlez pas de ces écrivains qui se coupent les pieds pour faire le tour du monde, se laissent attacher les mains, se frottent à toutes les mouvances, les saints hommes qui marchent sur la tête, les pélerins de notre temps. Ils vendent beaucoup de livres, il est vrai. Il doit y avoir matière à penser, à rêver, à révolutionner? Qu'est-ce qui m'ennuie chez eux? Moi, je vais seulement au bout du chemin.
par Jacky boy | le 2006-08-13 23:29:00 | PERMALIEN
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TRISTE CYNIQUE
Il m'arrive parfois de passer par la revue Multitudes
Je viens d'y lire quelques pages de Paolo Virno, philosophe marxiste italien né en 1952. Je suis loin de bien le connaître. J'ai lu en partie déjà Souvenirs du présent (1999). Pas facile de circuler à nouveau dans Hegel et Husserl, mais l'esprit de ce livre ne m'a jamais quitté. L'A. y critique finement l'acharnement - à droite - à siffler la fin de l'histoire.
Ici Virno constate que la réalité contemporaine est en sortie de scène du travail (salarié) et que le show désormais est défrayé par une accumulation (capitaliste) basée sur le savoir (incorporé au capital fixe). D'où le thème serti de bulles cher aux petits caporaux du système : l'économie du savoir. D'où les péroraisons souvent à côté de la plaque sur la fin du travail.
Du point de vue de l'éthique, Virno avance quelque chose de crucial au sujet de la crise du commandement contemporain et du relativisme qui en découle, de l'utilisation de «l'autre» comme un objet pour arriver à ses fins. C'est le règne du cynique «privatisé», girafe néo-libérale seule sur son île mais mondialisée.
Conséquences? Le cynique «bloque par avance toute aspiration à une communication dialogique transparente. Il renonce d’emblée à la recherche d’un fondement intersubjectif à sa praxis, tout comme il renonce aussi à la revendication d’un critère commun d’évaluation morale. L’effondrement du principe d’équivalence (c'est moi qui souligne) si intimement lié à l’échange et à la marchandise, se donne à voir, dans le comportement du cynique, comme l’abandon « sans douleur » des instances d’égalité. Au point même, ajoute Virno, que l’affirmation de soi se fera justement à travers la multiplication et la fluidification des hiérarchies et des inégalités que semblent impliquer l’avènement de la centralité du savoir dans la production. (...) C’est toutefois dans l’absolue négativité même du cynisme contemporain, dans cette adaptation opportuniste à une nouvelle relation entre « Vie » et savoir, qu’il faut saisir une sorte d’apprentissage de masse des nouvelles conditions du conflit.»
Resterait à éclaircir ce qu'on entend au juste par «communication dialogique transparente». Resterait aussi à savoir ce que Virno a pu ajouter à ce texte qui date de 14 ans. Mais pour l'heure, sur le seul plan de l'éthique, même si l'économie, voire l'économisme, nous rebute et que nous avons tendance à faire porter l'analyse essentiellement sur le politique, on retiendra que l'analyse des rapports écomomiques n'est toujours pas devenue une idée complètement inutile...
Quelques notes à propos du general intellect
par Jacky boy | le 2006-08-11 10:33:07 | PERMALIEN
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L'ÉTOILE DE LA JOURNÉE
Lu ce matin parmi les lettres des lecteurs publiées au Devoir cette quasi prière de Paul Chamberland qui comporte une citation de Mahmoud Darwich:
La parole d'un poète
Alors que de soi-disant défenseurs de la démocratie se lavent les mains du meurtre, qu'ils autorisent, de victimes innocentes, dont le tort est de n'être pas des «nôtres», quiconque se refuse à la tromperie pourrait méditer ces vers du poète palestinien Mahmoud Darwich, extraits de État de siège
«Je t'apprendrai l'attente / Sur un siège de pierre / Nous pourrons échanger nos noms, tu pourrais trouver / Une ressemblance subite entre nous: / Tu as une mère, / J'en ai une, / Et nous avons la même pluie, / La même lune Et une courte absence de la maison.»
Paul Chamberland : Morin Heights, le 7 août 2006
***
À propos de Darwich : http://mahmoud-darwich.chez-alice.fr/accueil.html
par Jacky boy | le 2006-08-09 23:29:34 | PERMALIEN
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LIBRE SALMIGONDIS A UN AN!
Libre Salmigondis, mon blogue, a un an aujourd'hui!
C'est Marc-André qui me tirait par la manche à l'époque, me suggérant que la manie d'envoyer des courriels collectifs à tout bout de champ en vidant mon carnet d'adresse pouvait être mieux canalisée dans un blogue et sans doute être plus cool pour mes destinataires, libres désormais de lire ou pas mes textes.
Le «média» blogue arrive sur nos écrans radar au début des années 1990. Mais le phénomène a explosé depuis deux ans seulement partout en Occident et gagne maintenant la Chine ( http://www.branchez-vous.com/actu/06-08/10-273102.html) . Quelques réflexions critiques commencent à émerger. Il y a beaucoup de nombrilisme et d'état d'âme sur la bloggosphère. Par ailleurs, les bloggueurs-artisans de la première heure craignent de voir s'installer une certaine professionnalisation (voir par exemple le New York Times http://screens.blogs.nytimes.com/), ce qui risque de tuer dans l'œuf l'esprit de création, la joyeuse anarchie, le propos libre et populaire qui se construit en marge des officines du quatrième pouvoir.
L'économisme, sa mouvance, sa «gouvernance» et son étal journalier sur nos ondes, c'est connu, sont une espèce de caméléon-sangsue «à la mode de chez nous», dans tous les pays du monde, capable d'avaler la poésie la plus crue pour nourrir, pour gaver plutôt l'inconscient collectif qui trouve, croit-on, chaussure à son pied par les trous si rigolos de la publicité enchantée. C'est un peu long, mais c'est comme cela que je le pense. Nous sommes dans cette forêt sans arbres et il faut se lever de bonne heure pour comprendre tout cela. Comprendre la nudité de notre richesse.
Dans une large mesure, la contestation des cinquante dernières années est devenue de la poussière de rebelle pour maquiller - au sens de «licher» - les passions, les émotions, les affects, tout ça. Surréalisme, frocs, rock, beat, hippies, mai 68, indépendantisme, rap, reggae, gays... Et vous verrez bientôt sur les écrans près de chez vous ce qu'on fera de la révolte des jeunes dans la cité!
On récupère la nuit, l'aube, l'eau, l'opium et le peuple, les religions du peuple comme le montre, après Gramsci, le philosophe slovène Slavoy Zizek.
Mais qu'est-ce que la mode, sinon cette contrainte que personne ne nous impose?
Les journaux, la radio, la télévision, le Web... Je laisse à Chomsky qui me décourage et me réveille le soin de décortiquer la main-mise au fond pas très subtile de la «maudite machine», pour dire comme Octobre. Je laisse à l'excellent Michaël La Chance le soin de portraiturer les sirènes tintanabulantes de la cyberculture et dont le chant blesse l'authenticité de nos vies (Les penseurs de fer, Trait d'Union, 2001).
Pour moi qui ne suis pas très à la mode, tenir un cyber-carnet était une découverte et une aventure tant au niveau de l'édition que de l'échange avec de nouvelles personnes.
Une petite communauté de bloggueurs s'est établie à partir de notre serveur commun. Peu de gens, mais d'une grande qualité comme Onassis que je ne connais pas autrement que par sa plume régulière et que j'estime beaucoup.
De blogues en blogues, j'ai découvert quelques autres jeunes écrivains qui ne sont pas diffusés ou dont les écrits ne m'auraient pas touché facilement. C'est le cas de Maxime Catellier ( http://probantime.blogspot.com) et de Perras (j'ignore son prénom) dit Perrasite. Son adresse se trouve dans mes liens.
Je trouve très beau aussi le blogue du journaliste Bertrand Hall. Il écrit peu, son silence donne à penser.
Dans mon blogue, je me hasarde à explorer une conviction que je tiens pour profonde mais qui est sans doute peu utile pour transformer sinon le monde, au moins un peu soi-même, à savoir que la littérature reste l'une des seules voix libre de notre époque. C'est une grande lumière pour moi, une source d'espoir, une réserve de sensibilité et de sens, un souffle pour passer à travers la nuit. Mais comment partager ce rien vibrant puisque ce n'est pas ma fonction dans la vie de parler de littérature? Puisque j'ai si peu de temps pour lire et écrire? Puisque je ne sais rien.
Je n'ai aucun plan éditorial sur Salmigondis et j'ai épousé bien des causes qui n'ont à première vue rien à voir avec la poésie, beaucoup avec l'indignation. La mise à mort de la chaîne culturelle par les incultes de Radio-Canada, le congédiement de François Parenteau par les imbéciles de Radio-Canada, la condamnation de l'écrivain français Jean-Michel Maulpoix à payer une amende pour avoir diffusé sur son site le témoignage du poète Brice Petit relatif à des violences policières, le coup d'Orford...
À présent et par-dessus tout, comment ne pas être révolté par la position du Canada en regard du conflit au Liban?
J'ai publié quelques textes de Jean-Paul Dammagio, un spécialiste, surtout un amoureux de l'Amérique latine. À partir de ces textes, j'ai accueilli avec grand plaisir des commentaires fraternels de l'historien français René Merle.
Il m'est arrivé de parler un peu de philo. Un texte autour de Cassirer a permis un échange stimulant avec les philosophes Georges A. Legault et Josiane Ayoub. Curieusement, c'est ce texte très liminaire et un peu technique qui a été le plus consulté via les moteurs de recherche comme Google.
Il m'est arrivé de parler un peu d'éthique. Enfin, je l'espère. C'est alors que m'a écrit régulièrement Jean-Luc Fillion, un collègue étudiant à la Chaire d'éthique appliquée de l'Université de Sherbrooke. J'aime beaucoup nos échanges hors cours et en marge des travaux officiels.
Sans forcer la note pour que mes amis ne me disent pas que je suis gentil «mais lourd», j'ai proposé aussi quelques textes de création. À ma grande joie, ces poèmes ont entraîné d'autres poèmes, en particulier ceux de Michel Vincent qui suggèrent toujours des images vives, très proches de l'enfance.
Dans le même esprit, c'est avec beaucoup de bonheur que j'ai reçu des textes de Jean Custeau. Comment vous faire entendre ses disques qui ne passent jamais à la radio sinon en publiant quelques chansons?
Mon ami brésilien Claudio qui a un fils québécois m'a fait suivre à ma demande une traduction en portugais d'un poème d'Aragon. C'est un morceau de choix qui fait partie de Libre Salmigondis.
Une nuit de l'hiver dernier, je travaillais encore vers trois heures du matin pour en finir avec un travail universitaire. En fait, je venais de le «shiper» au prof par courriel et j'étais comme un peu saoul. Je décide de faire le tour de mon blogue avant de tout éteindre. J'aperçois alors un commentaire récent qui m'a donné un grand coup. Il se lisait comme suit : «Enfin, je vous trouve. Votre entrée du 19 septembre 2005 me le prouve. Écrivez-moi (par courriel) s'il-vous-plaît, je voudrais vous rencontrer.»
C'était signé Kattleen Gurrie que j'ai prise pour la sœur de mon ami poète, décédé, Michael T. Gurrie. Il s'agissait en fait de sa nièce, étudiante en littérature... Nous nous sommes rencontrés. Ce fut très impressionnant pour moi.
Déjà les voix que j'ai citées plus haut et que je ne saurais nommer toutes ont été de grands soleils qui m'ont tiré en avant. Mais je me permettrai de dire sur le plan personnel que cette seule rencontre avec Kattleen donne à mon blogue le mérite d'avoir existé.
Je me demande toutefois si je vais poursuivre ce carnet. En moyenne, une trentaine de visiteurs viennent chaque jour. Trois fois il y a eu plus de 100 personnes. Les «cotes», cela importe peu. Mais reste que sur le plan du dialogue, sauf quelques heureuses exceptions, je ne suis pas certain de contribuer adroitement.
Ce sont des problèmes techniques surtout qui m'embarrassent. Mon serveur s'est fait durement attaquer par des spams ce printemps. La fonction commentaire a été gelée pendant plusieurs mois sans explication. On a coupé, scrapé des commentaires déjà publiés!!! L'organisation des archives est préhistorique. En plus, j'ai un abonnement payant alors que partout les blogues sont devenus gratuits. La plupart des bons sites qui étaient chez MonBlogue (Branchez-vous!), pour ne pas le nommer, ont déménagé au cours des derniers mois.
C'est dans ce contexte que j'ai ouvert pour expérimenter chez Blogger un autre carnet qui s'appelle Train de nuit (jazz, poésie). On trouvera l'adresse parmi les liens amis.
À suivre, donc.
Merci!
Merci de vos mots qui donnent de la vie à ce carnet.
Et au plaisir.
Jack.
par Jacky boy | le 2006-08-09 02:21:00 | PERMALIEN
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MANIFESTATION POUR LA PAIX À MONTRÉAL
Dimanche, 6 août, une journée délicieuse à écouler parmi les papillons, tranquille, près du jardin, sous les érables, dans la campagne un peu engourdie, en sirotant quelques St-Ambroise. Mais je rentre tôt. J'ai un rendez-vous. Voici que mon voisin me visite alors que j'achève d'arroser les tomates. Ce n'était pas prévu. Je prends du retard pour le retour des Cantons-de-l'Est. Pas grave. Je serai présent à la marche de protestation tout à fait significative qui s'est tenue aujourd'hui dans les rues de Montréal!
Boulevard René-Lévesque, les couleurs du peuple de cette ville étaient, comme d'habitude, belles à voir. Avec une touche particulière venue du pays du Cèdre, le Liban en guerre. La douleur palpable. La colère aussi. Des mots durs. Des images insupportables sur les pancartes de plusieurs manifestants. Mais la solidarité était au rendez-vous de toutes les différences. Pour la paix. Alors il y avait beaucoup de sourires. Et donc de l'espoir. Pour la paix. Monsieur Harper!
Quelques photos :
Les manifestants arrivent au centre-ville.
(Photos j.d., 6/08/06)
par Jacky boy | le 2006-08-07 00:05:11 | PERMALIEN
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SOUS LES FEUILLES D'UN CHÊNE...
L'expérience du BBQ sur le balcon d'en avant, au second, sous les faux-féviers, m'avait convaincu d'une chose : le plein-air fait toute la différence! Car l'enfermement tue. D'ailleurs, Riopelle, Jean-Paul, qui était fort des poumons, l'a déjà dit : le Québec est aussi renfermé que l'Albanie!
Or, le nul épais, le sans dessein impatient, colérique, le désemparé de la casserole, le déprimé stressé de la cuisine que je suis devait ainsi se transfigurer, sortir les deux pieds du plat, prendre le contrôle de l'agenda et se révéler un as de la côtelette juteuse, saisie à point, parfaitement cancérigène, rien n'est parfait chers puristes.
Je dois vous confier qu'il y a chez nous une forte tradition de la pédagogie avancée, moderne, réformiste qui ne fut pas trop endeuillée par la disparition du Frère Un Tel, au sens où ce dernier, je ne le dis pas méchamment, a bien vécu et usé sa soutane jusqu'au pignon rouge orthodoxe de la bonne grosse vieille Presse. On lui devrait le tronc commun des cours de philo au CÉGEP? Eh! bien, ce grand frère aura changé ma vie. Merci aussi à Mgr Parent et à Gérin-Lajoie qui ont bien fait leur commission!
Bref! Je reviens à mes oignons et à la pédagogie appliquée... Un transfert de connaissance était donc envisageable : si, en effet, le plein de pouces de la mitaine calcinée du four s'était converti à l'art culinaire bronzé, braisé ou en cocotte par le simple fait qu'un ciel grand ouvert pouvait transporter à l'infini la fumée des offrandes alimentaires du petit jour, à tout le moins jusque chez le voisin d'à côté, un Africain très timide qui ne sort jamais, pourquoi, madame Blancheville, n'en serait-il pas de même pour la lessive? Hein? Et je ne parle pas ici du lavage des cerveaux : les journaux de la maudite machine accomplissent déjà très bien cette tâche quotidienne sans qu'il soit opportun de s'en mêler.
Non. Je parle de ce domaine qui est très à gogo dans notre foyer, surtout chez ma grande fille, beaucoup trop occupée comme tous les jeunes de son âge. Sa chambre est très typique. Je ne vous la décrirai pas. C'est bouleversant. Que voulez-vous? Le Frère Un Tel ne s'est pas fendu le derrière pour conserver au programme les cours d'économie familiale... La pensée c'est beau, mais l'action dans le small, dans le beautiful, bout de ciarge! Tous cas, il y a belle lurette que les lundis ne servent plus à rien au Québec!
Voilà : le diable à sa patte, j'ai résolu de prendre les taureaux blancs par les raies glissantes de la réalité! Allons, ouste! Dewors les mastodontes, les tordeurs, les reliques chromées de l'american way of live! Allez rejoindre la voix infinie des tondeuses des alentours, la chorale des filtreurs à piscine, les coups d'archet des scies et des ça, les jappeux fatiguants de la ruelle, les litanies de la madame italienne, les chicanes du vieux garçon d'en face avec ses plantes, la radio plate en anglais trop forte de l'autre petite voisine à qui je pardonne tout à cause de ses bikinis...
Cet été, oui mes amis, nous lavons notre linge sale en famille, toutes voiles dehors, dans la cour, près de la piscine qui peut servir, c'est pratique, pour les lavages délicats!
C'est champêtre. C'est plaisant, comme dirait le Frère du lac St-Jean. Ça fait du bien de revenir aux sources. C'est révolutionaire mais c'est tranquille. Au coeur de la ville. Et ma fille plonge dans l'aventure. C'est extraordinaire!
Voyez : j'ai soigneusement planté le décor sous un chêne.
Sous les feuilles d'un chêne, on se sèche et on se cherche... C'est de la philo engagée, ça, mon frère.
Perdrerais-je ma peine? Perdrerais-je mon temps?
par Jacky boy | le 2006-08-05 09:25:25 | PERMALIEN
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PENDANT CE TEMPS, UN DÉPUTÉ CONSERVATEUR PERROQUETTE
Vacances obligent. Je n'ai rien vu, rien su, presque rien lu sinon des récits bucoliques de gens heureux et sans histoire comme celle de ce paisible cultivateur de 55 ans qui a décidé de dételer, de dire adieu à son troupeau de Ayrshire. Retraite oblige. J'imagine la force de cet homme sur sa terre rouge de l'Île du Prince Edouard. La force tranquille, la persévérance, la joie, la misère de ruser, de composer avec la nature. J'imagine la sainte paix sous des ciels bleus à vous avaler le souffle.
Tous les paysans se ressemblent.
(Photo C. Latendresse, Victoria, I.P.E., 1/08/06)
Ce papier gentillet faisait la première page de The Gardian de Charlottetown lundi dernier! Tout de même, une caricature rappelait qu'il n'y a pas de vacances pour la guerre sale à l'acide dite moderne, celle qui tue des familles, des enfants et que le premier ministre de ce pays considère quant à lui «mesurée».
Stephen Harper, cela se voit, n'a jamais lu Aristote, le philosophe du juste milieu...
Où en était le décompte? Je l'ignorais. Mais la caricature de ce journal de province si tranquille, si décrochée, montrait côte-à-côte deux pierres tombales pour signifier les centaines de civils morts indistinctement des deux côtés de la barricade. Barricade qui, la veille, n'existait pas!
Tous les morts se ressemblent. Une pure égalité des chances, peu importe le ciel. Voilà la mesure du monde, M. Harper. Car il faut bien mourir un jour!
Où bien n'était-ce pas plutôt cette autre caricature dans le Daily Gleaner montrant le ministre Peter MacKay avec l'abeille aux faux coudes à coudes du Pentagone, Miss Condoleezza Rice. MacKay demande : Quelle est donc la position canadienne en regard du conflit au Proche-Orient? Et Condoleeza de sortir prestement un mémo de son attaché-case : Voici la position canadienne!
Je n'ai rien lu, mais je savais au retour à Montréal qu'en ramassant mes Devoir empilés depuis huit jours, une seule manchette, un seul drame ferait des taches sur nos consciences. Même en vacances!
Mais il ne semble pas que la magnanime conscience du gouvernement fédéral, si grasse, si politiquement affinée, soit quelque peu remuée après trois semaines de meurtres. Lester B. Pearson a reçu jadis le prix Nobel de la paix, bout de calvaire! Que va-t-on remettre à Stephen Harper pour sa brillante mayonnaise à l'américaine? Quelle médaille faire pendre à son cou suite à ce grand pivotement diplomatique qui, d'un seul coup, déculotte le Canada à la face du monde?
Au boulot, à l'heure de la pause, je fréquente depuis des lunes un petit café libanais. On cause, on blague. Juste avant de partir pour les vacances, on ne blaguait pas du tout. J'avais honte. Je regardais par terre. Mon serveur libanais était bouleversé. Et moi j'avais honte de la position du gouvernement con-servateur. Et j'ai dit, mais à quoi bon : «Tu sais, ce ne sont pas tous les Canadiens qui pensent comme ça.»
Le valeureux député de Beauce, M. Bernier fils, commentait hier soir de Cornwall le sondage du jour indiquant que les Canadiens désapprouvent la position du gouvernement (61 % contre au Québec)! Qu'à cela ne tienne : Bernier fait du porte-à-porte dans son comté et ses électeurs l'aiment, roucoule-t-il. Bien. La position du Canada? «Mais c'est celle du G7», ajoute la colombe aux jarrets noirs. Pas sûr. Faudrait voir. D'abord, il s'agit du G8, non? Dans le G8, il y a la France. Est-ce que la France défend la même position gnochonne adoptée par le Canada?
Les leaders du monde riche en récréation, Russie, juillet 2006
Bernier est un perroquet de Harper. Harper est un perroquet de Bush. Bush est le commis-cracheur de la Haute. L'humble caricature du journal du fin fond des provinces de l'Atlantique visait juste. D'avoir ainsi tout de go pris parti politiquement en faveur d'Israël pour plaire à Washington est une bêtise politique anti-canadienne, mais surtout anti-humaniste.
Cela ne veut pas dire qu'il faille bénir les têtes brûlées du parti de Dieu, l'autre clan. Au contraire. Mais jamais Bernier et consorts, ces apprentis politiciens qui jettent de l'huile sur le feu au lieu d'appeler tout de suite à un CESSEZ-LE-FEU, jamais ils ne réussiront à me faire avaler la politique du tough qui revient à valider, à justifier la violence sous prétexte d'une légitime défense!
La violence est injustifiable sur le plan moral, disait Camus.
Or voilà que nous arrive un rapport indépendant de la Human Rights Watch qui montre noir sur blanc qu'aucune convention internationale ne résiste (notamment la Convention de Genève, article 3) à la riposte des carnassiers, riposte si mesurée, selon notre bon M. Harper.
En clair, après Louise Arbour, haut-commissaire à l'ONU pour les droits de l'Homme, Human Rights Watch parle de crimes de guerre, entre autres dans le village de Srifa :
«(Beyrouth, 3 août 2006) – Les forces israéliennes ont omis systématiquement de faire la distinction entre les combattants et les civils dans leur campagne militaire contre le Hezbollah au Liban, déclare Human Rights Watch dans un rapport publié ce jour. Le type des attaques observées dans plus de 20 cas ayant fait l’objet d’études par des chercheurs de Human Rights Watch au Liban indique que les ratés de l’armée israélienne ne peuvent pas être considérés comme de simples accidents ni être mis sur le compte des mauvaises pratiques du Hezbollah. Dans certains cas, ces attaques constituent de véritables crimes de guerre.»
Que le gouvernement minoritaire de Harper perde des plumes dans l'opinion publique à cause de sa position indignante montre bien que c'est là une raison suffisante et nécessaire pour le défaire à la première occasion venue.
En les circonstances, il est particulièrement dégueulasse qu'un ministre vienne nous dire que le temps fera oublier au cochon de voteur les petits pépins, nuages noirs du moment au-dessus du parti bleu.
S'il n'est pas pris dans une épluchette de blés d'inde dans son cher et beau comté, j'inviterais le valeureux député de Beauce à venir serrer les mains et sonder les coeurs à la manifestation du mouvement pacifiste québécois qui se remet en branle dimanche prochain, au Parc Lafontaine, à 13 heures.
Faut y être! Dignité oblige. Pour dire à ce gouvernement qu'il est bien mal parti et qu'une forte majorité de citoyens souhaite une solution pacifique à ce conflit. L'insensibilité politique des matamores de la droite canadienne ne passera pas la rampe!
(Photo Houssein, manifestation à Montréal le 23/07/06)
par Jacky boy | le 2006-08-04 00:05:20 | PERMALIEN
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JUILLET ET LA PROMESSE DU DOUX ÉTÉ
Je suis à lire John Fante par petits mottons dans le métro. C'est mon feuilleton-gueuleton. Je n'ai pas le temps sinon. À présent un peu plus car je tombe en vacances ce soir! Après Bandini (1938), son premier roman, j'ai enchaîné avec Mon chien Stupide (1985), un de ses derniers écrits publié deux ans après sa mort. Traduit par Brice Matthieussent, cela vaut la peine de le mentionner, et publié en français chez Christian Bourgeois en 1987. Un régal.
Dans l'extrait qui suit l'auteur raconte la fin tragique de son chien Rocco, Rocco n'étant pas le chien Stupide de l'histoire. On goûte ici la manière Fante : écriture précise, images claires, claironnantes même, un ton direct avec juste ce qu'il faut de salé et sucré pour nous surprendre. Je ne sais pas quels furent leurs rapports, mais il me semble que le grand Hemingway aurait pu être jaloux de cette prose vivante qui semble couler de source depuis le Colorado catholique natal jusqu'au fatras de la vie de couple italo-américaine.
«Je me rappelle le jour où Rocco a été assassiné. Cette journée demeure aussi inoubliable que la tragédie elle-même, une journée pour les baleines et les marsouins, pour les voiliers et les canots automobiles, avec un azur si éblouissant que Michel-Ange aurait aimé le peindre, où l'on scrutait la lisière des nuages floconneux à la recherche des chérubins jouant de trompettes dorées. Juillet et la promesse du doux été, la marée basse et mélodieuse, des filles minces et bronzées en bikini, leurs culs comme des miches de pain chaud, les mouettes qui planaient, les bécasseaux au vol rapide, les patients surfeurs perchés, les parasols à rayures colorées, et un bull-terrier blanc au tempérament de feu qui chassait les mouettes en aboyant joyeusement.» (p.138-139).
par Jacky boy | le 2006-07-21 23:58:02 | PERMALIEN
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OYÉ! OYÉ! MONBLOGUE DÉBLOQUE!!!
Deux mois après son interruption, l'édition des commentaires sur le blogue est à nouveau disponible. Misère!
par Jacky boy | le 2006-07-19 12:27:34 | PERMALIEN
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VÉRITÉ ET SUBVERSION
Vérité. Ou rien?
Encore un mot sur la notion de vérité. J'avais noté un jour une citation de Jabès que je souhaitais mettre, tel un caillou brillant, en exergue d'un mémoire de maîtrise en philo, mémoire que je n'ai jamais eu les moyens ni l'énergie de compléter. Devant mon jury toutefois, lors de deux séminaires qui me furent pénibles, j'avais bel et bien annoncé le sujet suivant : La notion de vérité chez John Dewey et Richard Rorty. Ce sujet, je le sais, n'a pas vieilli en regard de l'actualité philosophique. Peut-être y reviendrai-je lorsque j'aurai la tête libre. S'il me reste quelques quartiers de tête.
Pour l'heure, afin de faire jouer un rôle au présent à la citation de Jabès, je ne peux m'empêcher d'y voir comme un clin d'oeil, venu d'une autre tradition, à mon bloggueur de correspondant qui se surnomme Onassis (voir mes liens amis) et qui est, pour le moins, très doué de la plume.
Voici la citation : "Si la vérité existait (...), elle aurait été notre unique adversaire. Heureusement, elle n'existe pas et nous pouvons ainsi inventer des ennemis".
Edmond Jabès, Le petit livre de la subversion hors de soupçon, p.83.

http://images.google.ca/imgres?imgurl=http://mobiloeil.nexenservices.com/T
par Jacky boy | le 2006-07-18 20:47:48 | PERMALIEN
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CELAN OU LA PLAGE DU COEUR
D'abord, un penchant philosophique. Je ne suis pas certain de partager l'idée si répandue selon laquelle la vérité est l'ultime ascension, le point d'orgue, la valeur par excellence de la philosophie. Pas obligé de casser le dos de la métaphysique à coups de marteau pour affirmer cela. Bien que Nietzsche demeure un «hauteur à pratiquer» pour comprendre le tapis mur-à-mur de l'essentialisme dans la culture occidentale et sa soif de vérité immuable, éternelle comme les neiges du Kilimanjaro. Et pourtant! La calotte fond à vue d'oeil au Kilimanjaro et disparaîtra d'ici 15 ans, prédisent les spécialistes...
La vérité, comme fondement, suppose une essence idéale des choses comme l'a fait valoir M. Platon dans le ciel des idées, au sortir de la Caverne... Cet idéalisme, il faut bien le dire, a eu une carrière remarquable. En fait, Platon est sur ce point en filiation avec Héraclite pour qui déjà l'excellence de la pensée consiste à «travailler» pour la vérité, c'est-à-dire percevoir les choses en fonction de leur nature. (Cf. l'ouvrage de Barry Allen, Truth in philosophy, Harvard University Press, 1995).
Quand je suis entré en philo dans un atelier donné par Georges Leroux sur le concept de méthode et d'écriture en philosophie, c'est exactement le même message qui était adressé aux étudiants : il faut travailler pour la vérité.
Il y a aussi Tarksi, le mathématicien (The semantic conception of truth and the fondations of semantics http://www.ditext.com/tarski/tarski.html) qui pose sa théorie de la vérité comme une espèce de filet présupposant que la vérité est en correspondance avec le réel.
Après Nietzsche, Heidegger critique cependant la conception d'une essence de la vérité dans sa correspondance à la réalité (Allen, p 3).
Tout cela est dit bien rapidement, je le sais. Mais j'arrive à mon point principal. J'aime bien la formule simple de Georges A. Legault (éthicien)selon laquelle l'éthique, le dialogue, la co-construction du sens se trouvent davantage à l'enseigne du «raisonnable» plutôt que sous les catégories de la raison pure. Le raisonnable ne se définit non pas a priori par une essence donnée. Il est ce que l'on convient pour le mieux dans les cirsconstances données.
Le courant du pragmatisme arrive à la même conclusion (Peirce, James, Dewey, Rorty...). On trouvera aussi chez Foucault (coupure épistémologique, comment penser autrement?), chez Popper (faillibilisme), dans le constructivisme, etc., un peu de cette intuition de base.
Je crois aussi qu'à la base on retrouve une idée de Hume en réaction à Descartes et qui a trait à l'expérience commune, à nos systèmes de croyances naturelles qui suffisent à l'expérience. (Cf. Simon Blackburn, Penser, Flammarion, 1999, pages 56-57).
En ce sens la vérité, si banalement encarcanée dans le relativisme ambiant (à chacun sa vérité) ou dans la rigidité conceptuelle coupée de l'existence et de l'action, ne nous est pas nécessaire.
Il en va peut-être autrement, toutefois, si quelqu'un se trouve, je dirais, à l'extrême limite de l'émotion et du sursaut moral, là où la dignité devient littéralement un cri absolu. Peut-être alors que la vérité est un devoir, un engagement, une promesse à soi-même qui nous fait rester debout au lieu de sombrer, même si l'analyse de nos représentations pourrait à nouveau nuancer les mots pour le dire et nous faire préférer le partage du sensible (Rancière), la voie du raisonnable.
À la réflexion, en effet, ce qu'on appelle ici le «fragment de vérité» est peut-être davantage animé par le devoir, l'obligation d'interpréter justement le monde, ce qu'on voit de l'urgence du monde. Interpréter justement au sens de l'acteur, du musicien, pourquoi pas aussi au sens de l'écrivain, du poète déterminé à briser le silence?
À tout hasard, je trouve dans l'extrait qui va suivre une passerelle vers le poète au ciel brûlé, celui qui porte sur ses épaules d'écrivain rompu la croix du XXe siècle, l'atrocité... Je parle de Paul Celan qui a témoigné, qui a cherché à atteindre sinon la vérité ténue et fragile, du moins, viscéralement, «la plage du coeur». Cela procède non pas d'une morale du sentiment, encore moins du ressentiment puisqu'il s'agit de rejoindre l'autre.
Alors, reste un peu de la poésie dans le langage troué des hommes, éclat de lumière, petit zèbre infirme pour lire le monde, la dernière heure, quelques lettres tracées dans la cendre. Et dans notre mémoire. Pourvu que notre corps ne soit pas déshabité. Que notre pensée ne soit pas prise au dépourvu dans cet enfer moderne que chante Jean Ferrat.

«Le fragment de vérité ainsi atteint demeure cependant bien fragile et précaire, à la fois précieux et aléatoire comme « un message dans une bouteille » - une image empruntée (...) à Mandelstam - jetée à la mer dans l'espoir qu'elle puisse un jour rencontrer une plage, peut-être, ajoute-t-il, " la plage du coeur" (...)
Ce message n'est pas sûr de trouver un destinataire, de même que l'histoire dont il témoigne, couverte de sang, a perdu ses certitudes d'antan. Les brisures enregistrées par la poésie "qui questionne l'heure, la sienne propre et celle du monde", selon l'expression qu'il employa dans la postface à un recueil de ses traductions de Mandelstam, congédient définitivement le happy ending de l'histoire positiviste, perchée en droite ligne vers le progrès. Mais en dépit de son extrême fragilité, ce message est universel. Pour saisir cette lettre enfermée dans une bouteille, il faut beaucoup d'attention, il faut guetter les vagues qui se brisent contre les rochers et s'essoufflent dans la plage avec une attention qui, écrira plus tard Celan en citant un essai de Benjamin sur Kafka, est "la prière naturelle de l'âme".»
par Jacky boy | le 2006-07-06 23:51:57 | PERMALIEN
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TORTUE MONBLOGUE QUI TUE
L'éloge de La lenteur chez Kandera, ça va. La lenteur, une fois de plus, ou plutôt par dessus le marché, chez Monblogue, supplice chinois, je n'en ferai pas l'éloge! Que les visiteurs qui se sont rendus jusqu'ici soient félicités!
par Jacky boy | le 2006-07-02 09:48:02 | PERMALIEN
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LA RÉVOLTE ET LES SONGES
Ainsi la boucle de la révolte et des songes ne se réduit pas à un coup de trompette sous le titre en cendre d'un journal jeté en après-midi dans les poubelles de jadis. Jadis rapetissé comme une infirmité. Aujourd'hui, dépaysé, démesuré, sans histoire ni poubelles ne peut pas prétendre être seulement l'infirmerie où l'on coupe les têtes à la télé.
Il y a longtemps, mais c'est encore vif, j'ai lu le récit d'un jeune Français se trouvant en exil à New York en 1942 pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il y fait la rencontre d'André Breton et cela le bouleverse car il réalise que sa révolte spontanée, son effronterie n'est pas seule au monde. Il est porté par un coeur parfois splendidement odieux. Un poète chaussant les semelles de vent du XXe siècle.
J'ai adoré ce petit bouquin lu à 17 ans. Je l'ai lu d'un trait alors que je séchais un cours au collège. Ces lignes m'ont donné le goût de l'aventure surréaliste. Je m'y reconnaissais. Julien Gracq n'a-t-il pas dit que «le surréalisme est à la portée de tous les inconscients»? Du moins, il me semblait connaître d'emblée quelques bribes d'une langue sous jacente aux yeux de fougères. Que je voulais baraguiner.
J'avais le même âge que le narrateur dont le nom m'a longtemps échappé. Le WEB aide à retrouver ses amis! Il s'agit de Charles Duits, qui s'écrit comme un Puits. Qui publie encore de nos jours.
J'ai donné le livre à mon ami Gurrie, décédé depuis. Le titre, chez Denoël est : André Breton a-t-il dit passe.

Avec mes grands trous d'ignorance, je viens de saisir que cette énigmatique formule se trouve à conclure un poème magnifique de Breton, très connu sans doute par ailleurs, qui date, sauf erreur, de 1919. Il s'agit de Tournesol que voici en entier.
Tournesol
La voyageuse qui traverse les Halles à la tombée de l'été
Marchait sur la pointe des pieds
Le désespoir roulait au ciel ses grands arums si beaux
Et dans le sac à main il y avait mon rêve ce flacon de sels
Que seule a respiré la marraine de Dieu
Les torpeurs se déployaient comme la buée
Au Chien qui fume
Où venaient d'entrer le pour et le contre
La jeune femme ne pouvait être vue d'eux que mal et de biais
Avais-je affaire à l'ambassadrice du salpêtre
Ou de la courbe blanche sur fond noir que nous appelons pensée
Les lampions prenaient feu lentement dans les marronniers
La dame sans ombre s'agenouilla sur le Pont-au-Change
Rue Git-le-Cœur les timbres n'étaient plus les mêmes
Les promesses de nuits étaient enfin tenues
Les pigeons voyageurs les baisers de secours
Se joignaient aux seins de la belle inconnue
Dardés sous le crêpe des significations parfaites
Une ferme prospérait en plein Paris
Et ses fenêtres donnaient sur la voie lactée
Mais personne ne l'habitait encore à cause des survenants
Des survenants qu'on sait plus dévoués que les revenants
Les uns comme cette femme ont l'air de nager
Et dans l'amour il entre un peu de leur substance
Elle les intériorise
Je ne suis le jouet d'aucune puissance sensorielle
Et pourtant le grillon qui chantait dans les cheveux de cendres
Un soir près de la statue d'Etienne Marcel
M'a jeté un coup d'œil d'intelligence
André Breton a-t-il dit passe
André Breton
par Jacky boy | le 2006-06-29 13:41:09 | PERMALIEN
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JOSÉE VERNER : DE LA NATION À LA MARCHANDISE
Madame la ministre,
À L'occasion de la Fête nationale, alors que partout au Québec des milliers de personnes célèbrent leur identité et se rejoignent par la chanson, peu importe leurs convictions politiques, vous, vous estimez que la question de la nation québécoise est périmée et n'intéresse pas les citoyens éveillés de la circonscription de Louis-St-Laurent. Vos commettants, dites-vous, seraient plus préoccupés par la «livraison de la marchandise»! Marchandise?
Comme ça, les Québécois qui vous ont élu ne comprennent guère ce qui a pu pousser les Écossais à se faire reconnaître comme nation distincte par toutes les institutions politiques anglaises, y compris Sa Majesté? Puis, les Catalans? Une grosse manchette et puis c'est tout. Selon vos dires, on perd notre temps. Le temps, c'est de l'argent et donc plus de marchandise à se mettre sous la dent.
En une circonvolution pour épater la galerie et passer à côté de l'histoire, M. Harper dit, pour sa part, qu'il reconnaît que l'Assemblée Nationale à solennellement déclaré que le Québec formait une nation. Et pis so what?
L'égalité politique de feu Daniel Johnson, c'est de la garnotte, n'est-ce pas? De la passion inutile. L'affirmation historique du Chevalier François-Marie-Thomas De Lorimier, qu'est-ce que c'est ça dont? Une rue? Le combat politique de René Lévesque qui visait la liberté des peuples et des nations du Québec, de la petite bière chaude à côté de la vraie marchandise super de luxe, n'est-ce pas? Et donc, ce qui préoccupe les électeurs de votre circonscription, ce serait ce qui compte vraiment. Qu'est-ce qui compte au Canada, à part vous et l'argent? Ce qui compte, c'est l'unité, tout le monde sait cela. Le «One nation, one country». Car on y livre la marchandise autant que les pizzas en autant que tout soit uniforme et conforme.
Sans marchandage, serait-ce trop demander, madame la ministre, que ce pays reconnaisse noir sur blanc, nous sommes en 2006 n'est-ce pas, l'égalité des peuples et des nations du Canada? Question de nationalisme au cube, me direz-vous.
Bien, si cela est une question oiseuse, que ce n'est même pas une question à l'ordre du jour, comment cela se fait-il qu'à tous les jours les gens en parlent? Y compris vous-même. Est-ce parce qu'on a les politiciens que l'on mérite? Faudrait en parler aux électeurs de Louis-St-Laurent!
Au demeurant, la question n'est pas tant de savoir si le peuple québécois va tenir un référendum ou non, avec conditions gagnantes ou pas, sur l'indépendance, l'autonomie, l'association, le patin libre, peu importe le courant et les coureurs... La question est : pourquoi sommes-nous dans une logique référendaire lancinante mais persistante depuis des décennies? Pourquoi minimiser la réalité, noyer le poisson avec toutes ces petites questions posées dans un écho distordant à la Chambre des Communes depuis au moins 60 ans?
Mon sentiment est qu' un virage politique majeur est en train de se négocier. Et ce virage, à long terme, a peu de chance d'être conservateur! Regardez bien les Québécois aller! Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, le peuple québécois est maître et pour toujours de son destin, comme le disait Robert Bourrassa, votre ancien patron...
Depuis 25 ans, les Québécois - et même quelques-uns de vos électeurs qui votent encore à Québec à ce que je sache -, refusent, tous partis confondus, de reconnaître la Constitution de 1982. Ils sont fatiguants ces rapaillés de la politique après le faux beau risque, Meech, Charlottetown et tutti quanti! Et pourquoi donc, selon vous? Dites-moi pas que c'est à cause d'un sujet qui n'intéresse personne!
Michel Chartrand a déjà dit : le nationalisme, c'est comme la libido, on ne peut pas s'en passer. J'ajouterais pour ma part : libido et forte attirance vers l'espoir fou, oui fou, quand la nation porte le sens de progrès social, d'avancée démocratique, de bien commun, de partage, d'accueil, de liberté, de responsabilité, de dialogue avec le monde, d'amitié, de joie de vivre sa personnalité profonde.
Au cœur même du Gibraltar d'Amérique occupé par le Royal 22e Régiment, bataillon québécois (dans lequel j'ai déjà «drillé» avec mon ami James), où l'on découvre accroché au mur, près du Mess des officiers, le tout premier exemplaire du Fleur-de-lysé qui fut déposé à Québec, j'essais de capter l'écho, le sens véritable de votre déclaration de la St-Jean. Peut-être que votre voix pointait vers le Canada anglais? Peut-être vouliez-vous bien paraître aux yeux du premier ministre? C'est bien en français que vous vous exprimiez? Peut-être avez-vous tourné sept fois la langue et que le naturel est revenu en galopant. Au fait, langue et nation, est-ce sur le même tas de fumier? En tous les cas, excusez ma franchise, madame la ministre de la Francophonie, mais je crois que vous avez servi au public québécois une niaiserie politique remarquable. Mais comme le notait Boris Vian, «dire des idioties, de nos jours où tout le monde réfléchit profondément, c'est le seul moyen de prouver qu'on a une pensée libre et indépendante». Alors je suis de votre bord et je vous encourage à persister dans la même voie.
Vive la marchandise! Vive les électeurs émerveillés de Louis-St-Laurent! Vive le fleuve St-Laurent libre! Vive Kyoto!
par Jacky boy | le 2006-06-24 01:33:38 | PERMALIEN
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NATION CATALAGNE : LE POINT DE VUE D'UN OCCITANISTE NON NATIONALISTE
Bonjour,
Et merci pour cette réflexion sur la Catalogne (qui n'est pas chez nous une couverture).
En effet, dimanche les Catalans voteront, sans grand enthousiasme semble-t-il, un texte qui les reconnaîtra en tant que nation, qui officialisera définitivement le bilinguisme en rendant obligatoire la connaissance et l'usage de la langue catalane, et surtout qui donnera au pouvoir catalan maîtrise de la fiscalité.
Le vieux centrisme droitier catalan est pour. Dans ses différentes composantes, la gauche est pour. Mais, paradoxalement, à première vue, les républicains voteront contre, alors que ce projet s'inscrit dans ce qu'ils demandent depuis des années. Mais ils estiment qu'il ne va pas assez loin.
Ils rejoignent dans le NON le parti populaire (droite nationaliste espagnole d'Aznar), qui eux évidemment estiment que ce projet est inacceptable car il fait éclater l'Espagne.
Mon point de vue ? Il m'est personnel et sans doute bien schématique. Mais voici, en quelques lignes.
En tant qu'intervenant culturel occitaniste, je relève que le projet reconnaît "le droit national" des habitants du Val d'Aran, vallée frontalière avec la France, à utiliser la langue occitane. Et les républicains estiment que le projet ne va pas assez loin en ne reconnaissant pas plus clairement l'existence d'une nation occitane.
Détail menu, certes, mais révélateur. Sur les quelques dizaines de millions d'habitants des régions de France où l'occitan est ou fut parlé, une poignée seulement reven-diquent la reconnaissance d'une nation occitane. Et il y a fort à parier qu'en Val d'Aran, l'attachement légitime des quelques milliers d'habitants à leur parler occitan ne se prolonge pas d'une revendication nationaliste. En fait, on est là dans dans une opération qui me paraît très dangereuse : une langue = une nation, même si les locuteurs de cette langue ne formulent pas la revendication.
La revendication est formulée en Catalogne. ce qui n'au-torise en rien les Catalans à la formuler pour des gens qui ne la revendiquent pas. On peut défendre une langue sans vouloir créer une nation...
Et cette opération, qui se veut essentiellement au service de la cause catalane, occulte ce qui à mon avis est l'essentiel. À savoir que si le nationalisme catalan s'est bien sûr cristallisé autour d'une langue, il a puisé toute sa vigueur dans la réalité historique d'une région où la bourgeoisie, très vite devenue bourgeoisie industrielle, après une adhésion sans chaleur à l'état espagnol, tant que celui-ci lui offrait des perspectives d'exploitations coloniales (brisées dans la seconde moitié du XIXe),est devenue adversaire de cet état archaïque, inefficace, qui entravait le développement capitaliste. Et, au tournant du XIXe et du XXe, dans la très dure lutte de classe menée entre cette bourgeoisie et le prolétariat de Catalogne, les uns et les autres, violemment opposés, ont trouvé dans la lutte contre cet état espagnol et dans la promotion du catalan un terrain de rencontre, qui n'impliquait pas le moins du monde unanimisme.
On parle catalan dans ce qui est aujourd'hui la région autonome de Valence, plus au Sud, comme on parle catalan aux Baléares, mais les conditions socio-économiques de ces régions étant tout autres, la revendication autonomiste ne s'y est pas affirmée, et la revendication linguistique en est restée à une renaissance littéraire plus ou moins passéiste, doublée d'un unanimisme rêvé, comme dans notre Provence félibréenne : tous Provençaux, tous locuteurs du provençal, donc tous frères....
La terrible répression franquiste a soudé bien des courants du catalanisme, mais ne doit pas faire oublier qu'une partie du catalanisme bourgeois, épouvantée par la poussée "rouge" de 1931-1939, a préféré Franco au Frente popular... Il reste que la persécution du catalan sous Franco en a fait une langue martyre, qui s'est d'autant plus redressée après 1976 qu'elle avait été persécutée. Mais ce redressement s'est grandement fait sous la houlette d'un centrisme droitier lié aux milieux d'affaires, aux décideurs, dont l'objectif pro-clamé a toujours été que la nation catalane soit maîtresse de ses richesses et des conditions de son développement. Avec le risque évident de voir naître en Espagne ce qui germe ou s'affirme dans d'autres pays européens : le séparatisme des régions riches décidées à ne pas partager avec les régions pauvres. Et ceci doublé d'un européanisme très clairement axé sur la fin des états-nations et leur remplacement par des entités "ethnico-linguistiques".
Je ne sais pas ce qu'a pu théoriser le PC du Québec sur la cause nationale. La gauche catalane, en tout cas, ne répond pas clairement sur l'avancée sociale que pourrait porter une affirmation de la Catalogne en nation, et le centre droitier catalaniste y voit lui clairement la possibilité d'une politique encore plus "libérale", plus propice aux intérêts des possédants.
Pour autant, la sincérité du nationalisme, ou du patriotisme, comme vous voudrez, des uns et des autres, n'est pas en cause. Et les plus âgés l'ont payé souvent d'années de prison.
Reste à savoir ce que donnera dans la jeunesse, obliga-toirement bilingue,cette entreprise menée par en haut. La langue catalane pour elle n'a plus le statut du martyre et le parfum de la liberté. Elle est celle d'une "normalité" souvent close sur un nationalisme proclamatoire et moralisant, alors que la langue espagnole ouvre à la fois les horizons stimulants d'autres continents et les portes tentatrices de la standardisation consumériste internationale.
Cordialement,
R.Merle
par Jacky boy | le 2006-06-17 08:19:44 | PERMALIEN
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RÊVER LA LIBERTÉ À BARCELONE
À mon arrivée le matin, j'ai l'habitude d'étendre de tout son long Le Devoir sur la large filière couleur crème qui est à cinq pieds de mon bureau, au milieu de la place où circulent les employés. Il arrive que des collègues s'arrêtent pour le feuilleter. Et me parler. Aujourd'hui, Geneviève, ingénieure, me demande s'il y a quelque chose à propos de la Catalogne.
- Ah!, que je réponds, tu sais bien que là-bas, chacun tire sur sa couverte.
Elle l'a bien rit. (Je ne sais si chez vous, catalogne a le sens de couverture piquée à la main sur un métier. J'ai vu ma mère le faire une fois. Ça lui prenait tout l'espace du salon et un temps qui m'a semblé une éternité.)
Je ne connais rien des Catalans. Il y a bien eu cette charmante fille aux cheveux foncés qui parlait très vite et qui bossait comme une malade à servir et gérer un Van Houtte (comptoir à café) au Complexe Guy-Favreau - que nous avons traversé ensemble, cher J.-P. Je lui avais demandé de m'aider à prononcer et orthographier le mot TIRANÍA pour un texte sur la dictature au Chili. Pendant longtemps, elle a par la suite vérifié si j'accentuais au bon endroit la TIRAN Í A! C'était notre bonjour de connivence.
Il s'agissait d'un mot espagnol et non pas catalan, bien sûr. Les Catalans sont bilingues. Six millions, comme nous. Bilingues. Leur histoire distinctive récente passe par le cauchemard du franquisme, période noire où fut interdit la langue.
La langue est aujourd'hui plus vivante que jamais. Ce qui démontre une fois de plus que la langue est beaucoup plus qu'on moyen de communication : c'est une identité, une forme de vie que l'on défend comme on défend sa peau.
Les Catalans connaissent beaucoup plus le Québec que nous les connaissons. À mon étonnement, j'apprends qu'ils nous considèrent comme un modèle de développement. Ils ont calqué notre politique de la langue (affichage, intégration des immigrants) et l'organisation de la police.
Si je comprends bien l'enjeu de leur présente campagne référendaire, les Catalans, qui pensent aussi Europe, seront reconnus comme nation si le oui l'emporte.
Alors, politiquement parlant, ce seront eux qui seront en avance sur nous, quoi qu'en disent les indépendantistes catalans et possiblement québécois.
Il est quand même intéressant de suivre la trajectoire des petites nations. René Lévesque y a puisé plusieurs de ses enthousiasmes. Mais c'est le poussiéreux parti communiste du Québec qui m'a permis de réfléchir à la signification de l'égalité des peuples et des nations.
Bonne fin de journée.
par Jacky boy | le 2006-06-15 22:54:28 | PERMALIEN
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ILS EN FUMENT DU BON!
James, un ami, un frère de longue date, philosophe, violonniste, ainsi que Charles, son partner et frérot ne passent pas une saison sans que les gazettes ne parlent d'eux. Une très belle page leur est consacrée dans l'Actualité du 1er juillet sous la plume de Véronique Robert. En parcourant cet article, on peut humer toutes voiles dehors ces excellentes nouvelles qui nous parviennent de la Haute-Gaspésie. Au risque de devoir saliver jusqu'aux Délices de la mer (Marché Jean-Talon) pour les Montréalais ou encore à La Maison du Rôti sur Mont-Royal, pour le gratin du Plateau, où l'on trouve les produits Atkins...
James à Mexico à l'aut. 2004
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Ils en fument du bon!
À force de persévérance, les frères Atkins ont réussi à placer leurs poissons fumés sur les meilleures tables du Québec. Pour le plus grand plaisir des fins gourmets!
Un soir, Charles Atkins est tombé le nez dans son assiette, évanoui d'épuisement, dans un restaurant de Montréal. C'était quelques années après l'ouverture de son fumoir de poisson, fondé avec son frère, James. Depuis une semaine, il tentait de convaincre des restaurateurs sceptiques des vertus de son saumon fumé à l'ancienne, selon la plus pure tradition gaspésienne. Si le surmenage devait aujourd'hui lui faire perdre conscience, ce serait parce que les frères Atkins peinent à répondre à la demande.
Le chiffre d'affaires de leur entreprise de Mont-Louis, petit village de la Gaspésie, a bondi de 6 700 dollars, en 1993, à 1,8 million, en 2005! Leur saumon fumé a inspiré plusieurs envolées lyriques et recettes à Daniel Pinard, séduit les grands chefs, d'Anne Desjardins à Philippe Mollé en passant par Jean Soulard, du Château Frontenac, et conquis les propriétaires d'épiceries fines partout au Québec.
Même si le saumon représente plus de 50% de son marché, James Atkins parle plutôt de "produits marins". "La variété est notre marque distinctive", insiste le DG d'Atkins et Frères. En effet, les Atkins fument à peu près tout ce qui bouge dans la mer et le fleuve: truite, moules, crevettes, esturgeon, maquereau (un délice, préparé au poivre citronné ou à la cajun). Ils sont les seuls à fumer des pétoncles, à préparer un confit de calmar fumé, véritable péché mortel... En plus du fumage à chaud, méthode gaspésienne traditionnelle, ils font le fumage à froid.
L'explosion de leur chiffre d'affaires résulte aussi de leur souci de la qualité. "Nous sommes intraitables", dit le président, Charles Atkins, qui s'occupe de la production et des achats. "À notre connaissance, nous sommes les seuls au Québec à ne fumer que des produits frais, qui n'ont pas été surgelés. D'où leur couleur et leur texture."
Ce n'est pas Serge Lauriot qui le contredira. Lauréat de plusieurs prix de gastronomie, le chef et propriétaire du restaurant Fleur de Lys, à Cap-Chat, est un client fidèle. "On est loin du boucanage qui asphyxie le goût, dit-il. Je retrouve dans leurs produits la finesse des poissons fumés de Scandinavie."
Un signe distinctif attribuable, notamment, à des fumoirs haut de gamme importés d'Angleterre. "Au lieu de circuler à la verticale, comme dans la plupart des fumoirs industriels, explique Charles Atkins, la fumée se déplace latéralement. Ainsi, le risque d'une exposition trop longue à une fumée trop dense est minimisé, et cette méthode fait ressortir deux composants de la fumée qui confèrent au poisson la couleur et le goût recherchés." Le recours exclusif au bois d'érable ajoute un arôme légèrement sucré. Bien entendu, la fumaison préserve dans le poisson les précieux acides gras oméga-3.
C'est une tradition familiale des plaisirs de la table qui est à l'origine de l'entreprise Atkins, dont l'histoire a des tentacules... jusqu'en Colombie-Britannique! C'est là que les frères Atkins, des aventuriers dans l'âme nés à Granby, aboutissent à la fin des années 1970, charmés par la juxtaposition de la mer et des montagnes et par la possibilité de survivre comme travailleurs autonomes: récolteurs de palourdes ou fabricants de bardeaux de cèdre... "Nous avons vécu la contre-culture", résume James, à qui des études de philosophie avaient laissé un goût de liberté. "Vu que j'ai pris ma retraite de 18 à 35 ans, je me sens prêt, à 54 ans, à abattre du boulot!"
Les deux frères se complètent bien. Outre la philosophie, James a étudié la linguistique. Raffiné, parlant un français châtié, il s'occupe de la gestion et du développement de l'entreprise; il porte le complet-cravate. Charles, 46 ans, cheveux au vent, capable de vendre du marsouin fumé aux Esquimaux, a des talents d'humoriste qui se sont peut-être épanouis lorsqu'il a travaillé comme accessoiriste pour le théâtre La Grosse Valise, en 1986.
Les deux frères ont aussi en commun d'avoir oeuvré, à leur retour de la Colombie-Britannique, au sein d'un organisme montréalais qui vient en aide aux sans-abri. "Après cet épisode dur pour le moral, dit James, nous avons eu la nostalgie du travail dans la nature, de la mer et de la montagne. La Gaspésie était une destination toute désignée."
Ils ont un coup de coeur pour une terre dominée par une demeure ancestrale à L'Anse-Pleureuse, à mi-chemin de Matane et de Gaspé. Ils comptent y vivre de la pêche l'été et de la vente de bois l'hiver. Mais les stocks de morue s'effondrent, le prix du bois aussi.
Entre-temps, comme bien des Gaspésiens, ils ont installé un fumoir artisanal derrière la maison. Lorsqu'il entend parler d'un cours d'initiation à l'entrepreneuriat au cégep de Matane, James saisit l'occasion, rêvant d'une - modeste - entreprise de fumaison. "La gestion et la comptabilité m'horr | |